Mardi 5 août 2008

 

Après 7 jours 18 heures et 58 minutes de navigation, Olivier et Bruno ont franchi la ligne d’arrivée de Madère ce mardi matin à 5 heures 51 (heure française).Nos deux amis sont heureux d’avoir tenu le coup si longtemps et très satisfaits du résultat.



 

Rappelez-vous il y a deux jours, à 450 milles de l’arrivée, l’équipage de Régional avait rétrogradé à la 24ème place, à cause d’un vent faible le long des côtes portugaises. 12 heures plus tard, ayant retrouvé des conditions plus musclées, le bateau avait divisé par deux son retard et pointait désormais à la 14ème place.

 

Mais en se rapprochant de la tête de la flotte, grignoter quelques places supplémentaires était devenu très difficile car les concurrents de devant étaient parmi les plus aguerris et les plus coriaces, avec d’excellents bateaux. Bon nombre d’entre eux en sont à leur deux ou troisième Transquadra. Bref, on ne les dépasse pas facilement.

 

Depuis hier, Bruno et Olivier naviguaient dans des conditions plus aléatoires avec du vent instable en force et en direction. Dans ce cas là, pas question de donner la barre au pilote automatique et d’aller se coucher. Malgré l’énorme envie d’en finir pour pouvoir enfin se reposer, les deux co-skippers de Régional se sont astreints à barrer et à régler le spi en permanence pour ne pas lâcher le moindre mille à la concurrence. D’autant plus que les bateaux de derrière avaient plus de vent que ceux de devant. Il s’est donc produit un resserrement de la flotte, tout le monde faisant route directement sur l’île. Cette situation était particulièrement stressante, car toute l’avance qui avait été si durement gagnée les jours passés, pouvait être perdue en quelques bords. Il suffisait de choisir le mauvais couloir de vent pour avancer un nœud de moins que les autres et ainsi se faire dépasser. Olivier et Bruno y ont cru jusqu’au bout, en se concentrant sur la bonne marche du bateau et en adaptant leur trajectoire en fonction des fluctuations d’Eole.

 

Et le résultat est à la hauteur de leurs espérances. Ce soir, le bateau Régional est 16ème sur 77 au classement en temps réel. Mais comme la Transquadra se dispute en temps compensé (car tous les bateaux ne sont pas identiques, chacun étant doté d’un handicap), il se pourrait bien que l’équipage voit son classement évoluer, dans un sens comme dans l’autre. Réponse lorsque tous les concurrents auront franchi la ligne d’arrivée et que le Comité de Course aura fait ses calculs savants.

 

Quoi qu’il en soit, il faut saluer la performance de nos deux amis qui se sont donnés beaucoup de mal pour arriver là. Dans les mails provenant du bateau ces derniers jours, on pouvait facilement deviner le moral du bord, proportionnel à la force du vent qui régnait sur le plan d’eau. A plusieurs reprises, Olivier a avoué être surpris par la capacité de l’équipage à encaisser autant de mauvaises conditions météos et d’heures à la barre, tout en dormant aussi peu. Les deux hommes ont repoussé leurs limites, démontrant une fois de plus leur force de caractère.

 

Je laisse le mot de la fin à Olivier et Bruno, à travers un mail qui vous est tous destiné.

 

« Voila, on a passé la ligne ce matin. La nuit fut très tactique. Un à la barre et l'autre à l'écoute et au  bras de spi et cela dans 3 kts de vent. Et on changeait toutes les heures. Je crois que cela a payé.

 

Nous sommes heureux d'avoir fait ce truc de dingue.

 

Merci de votre soutien par vos messages, sms, lettres, petits mots, cigares, photos,  etc ...

 

Maintenant on va prendre un petit dej’, un vrai !

 

Bises à tous.

 

 

Olivier et Bruno »

 

 

 

 

 

Yann – Océan Partage -

- Publié dans : Tout sur la Transquadra 2008
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Dimanche 3 août 2008

A 48 heures de l’arrivée …

 

Après une première partie de course marquée par le près et le vent fort, place aux longues glissades sous spi pour l’équipage de Régional. Et ça va vite depuis quelques heures. A tel point qu’ils estiment leur arrivée dans la nuit de lundi à mardi prochain.

 

Depuis le passage du cap Finisterre, dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, Olivier et Bruno ont changé de condition de navigation. Passé assez prêt des côtes espagnoles, le duo malouin s’est retrouvé un peu coincé avec un vent faiblissant qui les a obligé à continuer au près pour rester sur la route. Les concurrents plus au large ont bénéficié d’un vent plus soutenu qui leur a permis de faire de la vitesse sur la route, au détriment de ceux qui étaient à terre. Ainsi, passés en 15ème position au Cap Finisterre, les deux hommes ont rétrogradé à la 28ème place, 12 heures plus tard. En course au large, rien n’est jamais acquis. Heureusement le vent est revenu depuis vendredi midi et l’équipage a pu juguler l’hémorragie.

 

Depuis 24 heures le bateau de Régional a repris des couleurs en même temps qu’il a pu envoyer le spi. Bruno et Olivier sont maintenant dans un système d’alizé bien établi, soufflant du nord pour une dizaine de nœuds. Ils longent les côtes portugaises et commencent à orienter doucement leur cap vers Madère. Le vent va se renforcer légèrement pour atteindre 20 nœuds dimanche et, selon les prévisions météo, la route vers Madère s’annonce propice à de belles moyennes sous spi.

 

Les messages en provenance du bateau ont permis de noter une certaine inquiétude à bord lorsque le vent est tombé peu après le Cap. L’équipage en a profité pour faire une grande toilette et se remettre un peu des trois premiers jours de course. Malheureusement les conditions n’étaient pas propices au repos, car le petit temps requiert beaucoup d’attention à la barre. Mais la concentration et l’abnégation de l’équipage ont payé puisqu’ils n’ont perdu qu’un minimum de temps, comparé à d’autres concurrents. La flotte est maintenant scindée en trois groupes. Un premier tiers des concurrents (dont Régional) mène la course devant un second tiers qui est situé plus au nord du Portugal. Enfin, un troisième groupe lutte encore avec le Cap Finisterre.

 

Ce samedi soir, le Bongo Régional occupe la 24ème place, à 450 milles de l’arrivée. Ils ont 100 milles de retard sur le leader. Mais la carène du Bongo est très à l’aise dans ces conditions de mer et de vent portant. Nul doute que les deux hommes mettent les bouchées double pour revenir sur ceux de devant. La principale difficulté de la navigation sous spi est de rester concentré à la barre pour ne pas faire de bêtise et risquer d’emmêler le spi dans l’étai. Olivier et Bruno se relaient donc toutes les heures aux commandes pour tirer le meilleur de leur bateau. Ils vont devoir empanner (virer de bord au vent arrière) régulièrement pour rester sur la route. Et de nuit, ce n’est pas une mince affaire.

 

Même si les premiers sont maintenant irrattrapables, rien n’est encore fait pour la meute des poursuivants immédiats. Cette dernière ligne droite va être une course de vitesse pure où les bateaux larges, comme le Bongo 9,60, vont pouvoir exprimer tout leur potentiel. On peut faire confiance à Bruno et Olivier pour jouer leur carte à fond, d’autant que tous les équipages commencent à être vraiment fatigués. A moins que l’odeur de l’écurie ne décuple leurs forces ? Tout est possible.

 

On en reparle dans deux jours.

 

 

 

Yann – Océan Partage -

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Jeudi 31 juillet 2008

Communiqué N°4

Passage du Cap Finisterre en cours …

 Malgré la mer forte et le vent de force 7 à 8, Olivier et Bruno sont en train de brillamment négocier cet obstacle de taille sur le chemin de Madère.

 Comme on pouvait s’y attendre hier soir, les conditions météo ont été à la hauteur de la réputation de l’endroit. Le vent de sud-ouest a soufflé toute la nuit jusqu’à 35 nœuds, obligeant l’équipage à naviguer avec deux ris dans la grand’voile et avec l’ORC devant (petit foc de tempête). Le front est passé en début de journée et Bruno et Olivier ont pu larguer un ris dans la GV et passer sous solent (foc moyen). En début d’après midi, Régional déboulait à 8 nœuds, cap au 200°. Dans un petit mail reçu en milieu de journée, les deux hommes se réjouissaient car il y avait enfin du soleil !

 Les courants et la côte génèrent toujours une mer forte qui pénalise beaucoup la progression de certains concurrents qui ont voulu couper au plus court. L’équipage de Régional a judicieusement choisi de ne pas trop se rapprocher de la terre pour privilégier la vitesse plutôt que le cap. Ils ont ainsi de l’eau à courir et c’est plus raisonnable lorsque l’on navigue dans ces conditions de mer et de vent. Actuellement, Régional navigue toujours au près et espère passer le Cap Finisterre vers 20 heures (heure française) ce jeudi. Au pire, ils seront peut-être obligés de tirer un petit contre-bord de quelques milles pour se tenir éloignés des cailloux.

Même s’ils se relaient sans arrêt à la barre pour garder une bonne vitesse, Olivier se félicite de son pilote automatique Navman qui fonctionne très bien en mode vent. Cela permet ainsi aux deux hommes de prendre les repas en commun et de décider ensemble de la stratégie pour la suite de la course.

 Sans pour autant être dans la confidence, tout laisse à penser que le Bongo 9,60 va continuer à longer les côtes du Portugal pour aller chercher du vent portant à partir de la latitude de Lisbonne. Peut-être même avant. En effet, l’anticyclone des Açores génère actuellement un courant d’air venant du nord (330°) d’une quinzaine de nœuds. Faible dans un premier temps, celui-ci devrait se renforcer travers le détroit de Gibraltar.

 Au classement de 16 heures, Régional est pointé à la 13ème place (sur 94 pour mémoire …), à 25 milles des premiers (soit environ 50 km). Il leur reste encore 750 milles à parcourir pour atteindre l’île de Madère. Autant dire que rien n’est figé, tout peut encore arriver.

 La suite au prochain numéro …

 

 Dernière minute : Je viens d’avoir un coup de fil d’Olivier. Ils ont passé le Cap Finisterre vers 21 heures ce soir. Tout va bien à bord. Le vent a nettement baissé mais il devrait tourner et leur permettre d’envoyer le spi peut-être dès demain matin. Le moral est au top et ils sont en pleine forme, heureux d’être en mer tous les deux.

 

 Yann – Océan Partage -

- Publié dans : Tout sur la Transquadra 2008
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Mercredi 30 juillet 2008

Communiqué de presse N°3

 

 

Top départ …

 

 

 

Après plus de deux ans de préparation, d’entraînement et d’abnégation, Olivier et Bruno ont franchi lundi dernier la ligne de départ à Saint-Nazaire, cap sur Funchal (Madère), terme de la première étape de la Transquadra 2008-2009. C’est l’occasion pour nous de vous faire vivre la semaine qui a précédé le départ, et de vous présenter ces trois premiers jours de course.

 

Après un petit pot de départ organisé sur les pontons de Saint Malo, Bruno, aidé d’Olivier Lurton et d’un ami, a convoyé sans encombre le bateau Régional à Saint-Nazaire. La semaine qui a suivi a surtout été consacrée aux dernières visites de sécurité, à la vérification de la conformité à la jauge et au plombage de l’embrayage du moteur. En effet, pendant la traversée, Olivier et Bruno n’ont pas le droit d’embrayer leur moteur, sous peine de disqualification. Ils peuvent simplement l’utiliser au ralenti, pour recharger les batteries. Ces contrôles sont toujours un peu stressant car il faut parfois effectuer des modifications de dernière minute pour satisfaire les inspecteurs. Heureusement il y a eu aussi des moments de détente, comme le Pot de la mer, organisé par Christine, en présence des salariés de Régional et de Jean-Yves Grosse. Cette marque d’intérêt de Régional pour le projet et le soutien de son PDG ont beaucoup touché Olivier et Bruno.

 

En raison d’un mouvement de grève du personnel du port de Saint-Nazaire, le départ a été repoussé au lundi 14 heures. Prenant leur mal en patience, les deux marins en ont profité pour se détendre en famille à la plage.


Lundi, si la tension monte sur les pontons, c'est plus sur les proches et les amis qu'elle se fait sentir. L’équipage est fin prêt et les deux hommes sont déjà dans leur course. Les opérations de remorquage et d’éclusage commencent. D’abord pour les concurrents en solitaire dont le départ sera donné une heure plus tôt, puis pour les équipages en double. Si toute la matinée a été marquée par un temps magnifique, c'est sous un ciel chargé que les derniers concurrents rejoignent la zone de départ.

 

A 14 heures, tous les bateaux sont prêts à s’élancer. Régional, virant au plus près le môle sud, recueille les derniers encouragements des amis venus sur la jetée pour assister au départ. Vers 15 heures débute la procédure de départ. C'est sous une pluie battante que Régional franchit la ligne, au milieu des 93 autres concurrents de cette Transquadra 2008-2009.

 

Si le premier bord est imposé par le chenal et le vent, rapidement les concurrents se livrent aux premiers duels de virements de bord. Le vent de sud-ouest d’une dizaine de nœuds permet à nos amis de bien faire avancer le bateau. Mais rapidement les conditions se dégradent. Un orage monte et bientôt la pluie et le tonnerre se déchaînent. La bouée Pressac, qui marque la sortie de l’estuaire de la Loire, est virée tant bien que mal, dans un vent des plus capricieux.

 

Regroupés sur la plage de Saint-Marc sur Mer sous une pluie battante, les supporters de Régional constatent qu’Olivier et Bruno ont sensiblement conservé leur position dans la flotte. Mais, la faible visibilité les empêche de garder le bateau en vue très longtemps.

 

Olivier et Bruno nous ont contactés par mail dès le premier soir. Ils nous confiaient que les premières heures de navigation avaient été un peu sportives. Mais dès le début de soirée, une fois le gros grain passé, le temps était redevenu clément et les conditions de glisse idéales avec un vent de ouest-sud-ouest pour 15 noeuds. Le bateau naviguait au près à 7 noeuds, cap 240°.

  

Point sur la course, mercredi 30 Juillet 12 heures UTC :

 

Depuis le départ, Régional compose avec une situation météo assez classique pour la saison. D’un côté il y a une zone de haute pression (anticyclone) centrée sur les Açores, puis, entre Saint Pierre et Miquelon et l’Irlande, une dépression de 993 hpa, se déplaçant vers l’est. Cette situation générale provoque des vents de secteur ouest-sud-ouest dans le Golfe de Gascogne. Plus on se rapproche de la dépression plus le vent est fort, plus on descend dans le Golfe, moins il y a de vent. Tout le problème est de se positionner en latitude pour avoir le bon vent, ni trop fort, ni trop faible.

 

Bruno et Olivier ont décidé de se décaler un peu à l’ouest avant de descendre rejoindre le 46° nord afin de ne pas rencontrer de vent trop fort. Actuellement ils sont sur la route la plus courte, au près dans un vent du 220° pour une quinzaine de nœuds, avec une mer belle. Cette allure convient très bien au Bongo qui, grâce à sa carène puissante, tient une moyenne de 7 noeuds depuis le départ.

 

A 900 milles de l’arrivée à Funchal, Régional est 22éme. Tous les concurrents sont groupés et nos amis naviguent à vue avec au moins cinq autres bateaux. Un mail reçu ce matin nous indique que tout va bien à bord et que les deux hommes sont maintenant bien amarinés. Olivier et Bruno sont contents de leur progression et de leur positionnement sur le plan d’eau par rapport au passage du Cap Finisterre.

 

Effectivement le prochain obstacle est le passage de ce fameux cap au nord-ouest de l’Espagne. Il est redouté par les navigateurs à cause du trafic maritime intense, de la mer très formée dans les parages, et des conditions météo souvent difficiles. L’idéal est de passer suffisamment au large pour ne pas se faire piéger dans beaucoup de vent et une mer difficile.

 

Si tout se passe comme prévu, Régional devrait passer la longitude du cap Finisterre vers 10 heures (heure française) jeudi matin. Les conditions météo seront relativement corsées.

Un petit centre dépressionnaire au large de la Bretagne, opposé à une zone de haute pression sur le sud de l’Espagne, va provoquer un vent de secteur sud-ouest d’une trentaine de nœuds. Passé ce cap, les concurrents devront encore naviguer au près sous voilure réduite pendant une dizaine d’heures. Puis ils commenceront à avoir des conditions plus clémentes.

 

Nous vous donnons donc rendez-vous jeudi soir pour un nouveau point sur la situation du Bongo Régional, après cette première partie de course.

 

 

Yves et Yann – Océan Partage -

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Lundi 28 juillet 2008
Nous nous retrouvons à Madère dans quelques jours. Si vous voulez  suivre la course.

voici le lien : link





Si vous voulez recevoir les lettres d'informations de Yann Leborgnes


voici son adresse mail :   yann.leborgne@yahoo.fr


Merci à tous.

Olivier et Bruno







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